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L’œuvre du mois


Maximilien Luce


(Paris, 1858 – 1941)


Paysage avec haut fourneau

vers 1907

H. 21,5 cm, L. 29,5 cm
Crayon de couleur

Don Léon Degoix

Maximilien Luce effectue des voyages en Belgique à partir de 1895. Impressionné par le travail dans les mines et les mineurs, il réalise de nombreux dessins et aquarelles.
« Je trouve ce pays admirable, mais quelle tristesse ! […] Le temps est atroce de la pluie à flot ; je me promène beaucoup et prend des notes, ah si je pouvais arriver à rendre ce que je sens-là. »
M. Luce à HE Corss, cité dans J. Sutter, Maximilien Luce, Peintre Anarchiste, Paris, 1986, p. 80.

Maximilien Luce vit à la période charnière qui voit les thèmes abordés par la peinture classique idéaliste côtoyer des œuvres “réalistes” comme les tableaux de Jean- François Millet (1814 – 1875), Gustave Courbet (1819 – 1877), Jean-Baptiste Corot (1796 – 1875) dont les personnages dépeignent la rudesse des conditions de vie, de travail.

Focus : le monde ouvrier

L’un des sujets favoris de Luce fut celui des travailleurs. Il fut d’abord ouvrier graveur et
connut lui-même le dur labeur à l’usine, lorsqu’il y travaillait pour gagner sa vie comme peintre décorateur en 1886. Ses représentations du monde ouvrier se nourrirent de ses convictions politiques et de ses amitiés anarchistes. Loin de rendre une vision glorifiée ou misérabiliste de l’ouvrier, sa peinture a extrait le caractère esthétique des paysages industriels et des corps tendus dans l’effort. Cet intérêt culmina lors de son voyage à Charleroi en Belgique, en 1895. Il fut frappé par la noirceur des terrils, la puissance
des hauts-fourneaux et le fourmillement humain.

Texte du focus : musée de l’Hôtel-Dieu à Nantes, qui conserve la plus grande collection dédiée à Maximilien Luce en Europe.

Sources : musée de l’Hôtel-Dieu, musée de l’Avallonnais Jean Després